Vedette

@t Saint Malo, chapter II : « Qu’elles se jettent sur moi et qu’elles s’arrachent ma vertu… »

Friday, 22nd of June  » Paroles, paroles, paroles « 

Au quotidien, mes discussions favorites sont celles que j’ai avec Mr N’ la veille d’un départ… Assis autour de la table ronde, tels Arthur et ses preux chevaliers, nous commençons à nous éloigner de la réalité en énumérant les choses que l’on fera une fois sur place… « A Saint Malo, on fera des piques niques sur la plage, des ballades nocturnes le long des remparts et le lendemain, on prendra le bus de 8 h en direction de Mont Saint Michel pour aller déjeuner à la Mère Poulard puis on fera ci et ça… » Or, comme nous le savons tous, certaines promesses sont tenues tandis que les autres viennent inéluctablement mourir dans le creux de notre oreille. La nuit précédente, je me mis dans la peau d’un aède pour conter de manière animée mon premier périple à Saint Malo lorsque je n’avais que 16 ans…« Les vagues courraient sur le sable tels des chevaux lâchés au galop… » Blabla, blabli… Sous le coup de la fatigue, nous tombâmes réciproquement dans les bras de Morphée. Le lendemain à l’aube, nous étions debout et prêt à affronter le jungle qu’est le métro pour parcourir les quelques stations qui nous séparait de la Gare Montparnasse. Arrivée à Saint Malo, 3h plus tard, nous visitâmes, festoyâmes puis nous nous couchâmes légèrement alcoolisés après avoir célébrer dignement sur la jetée nos deux ans. Le lendemain, toutes les promesses que nous étions faites autour de cette table avaient été oubliées dans la trousse de toilette restée à Paris. Réveil à 14h, première clope, douche, nouvelles puis direction la place centrale pour un déjeuner très tardif dans une petite crêperie que nous avions repéré la veille. A la terrasse du Biniou, nous sommes chaleureusement accueillis puis placés. Au menu, pas de plats trop sophistiqués. Des viandes (bavette avec une sauce à l’échalote, pavé avec une sauce au poivre…) , du poisson (saumon à la crème et aux petits légumes, au curry…), des crêpes, des galettes, des moules (marinière, au curry ou gratinées), des omelettes ou des salades. Une cuisine simple et des plats bien exécutés proposée à des prix raisonnables.

N’ayant pas eu l’occasion de manger d’omelettes depuis un moment, je me laisse donc tenter par une omelette aux pommes de terre et aux lardons suivi d’une crêpe beurre sucre accompagnée d’une bolée de cidre doux et d’une boule de glace à la vanille. Pour moi, la meilleure crêpe est la beurre sucre. Pas la Nutella banane, ni la Nutella beurre. Non, la beurre sucre. Simple et subtile à la fois. Le gout du beurre demi sel allié à celui du sucre qui sous l’effet de la chaleur crée un caramel onctueux qui ravie les papilles des petits et des grands. Côté boisson, nous optons tous les deux pour une bière bretonne fruitée dont le nom imprononçable nous échappe encore une fois. Pas de vin le midi, c’est la politique de la maison.

Après le déjeuner/diner, nous décidons de nous balader pour digérer un peu… En réussissant à glaner des informations à gauche à droite auprès des commerçants, nous nous apprenons que la Fête de la Musique a lieu ce soir. Aux quatre coins de la forteresse seront organisés des concerts proposant tout styles de musique : rock, hard rock, pop, brit pop, ska, traditionnel, etc. Une programmation chargée et variée dont nous avons pu avoir un aperçu en écoutant les répétitions, en plein air, des divers groupes « à la mode ». Des noms à rallonge, des mèches, du khôl sous les yeux, un répertoire de reprises toute aussi étonnantes les unes que les autres et un sentiment de « déjà vu » et de « déjà entendu » qui nous rend nostalgique du temps, où, les groupes se faisaient connaitre en créant et en interprétant leurs propres chansons au lieu de pomper leurs aînés… Ah, nostalgie, quand tu nous tiens.

Nous revenons à l’hôtel pour nous changer car la nuit risque d’être longue… Écharpes, veste en jean et veste militaire, nous voila prêt à chanter à tue tête toute la nuit les tubes des groupes qui ont marqué notre enfance. En arrivant sur LA place de la ville, non loin de l’église, nous assistons aux  » 1, 2… 1,2… » d’un groupe de brit pop dont je ne me souviens plus du nom tellement il était long. Répertoire perso, look bobo et au premier rang, groupies hypnotisées buvant littéralement les paroles du chanteur à la voix écorchée non loin de se jeter dans cette foule prête à lui arracher sa vertu… A la fin de leur passage, je fus replongée dans mon adolescence où des groupes comme BB Brunes ou Naast défrayaient la chronique et fendaient la foule sur leur passage comme Moise avec la Mer Rouge. Slims, vestes cintrées, clope au bec, Zizi vernies, ‘tiags, vinyles de Gainsbourg, de Lennon ou de Bowie… C’était la génération BB Rockeur.

Je me rappelle de la dégaine que j’avais à cette époque. J’arpentais les rayons du Noir Kennedy, du April 77 et des friperies telles que Fripstar, Guerrisol, Kiliwatch ou la Caverne vintage à Abbesses à la recherche de perles rares qui viendront compléter mon look savamment négligé… Slims, Converse éventrées, derbies, vestes militaires ou vestes cintrées, sac aux couleurs de l’Ecosse ou sac arborant la célèbre langue, pins des Sex Pistols, de Marilyn M. ou des Beatles. Bref, c’était il y a longtemps tout ça…

Je regrette de n’avoir pas pu chanter et entendre les titres qui ont fait mon adolescence… Life on mars, Tainted Love, L’eau à la bouche, Lady Héroïne ou Mr Tambourine Man… But, anyway, that’s life…

Sur ces « bons » souvenirs, je vous laisse, bisous, bisous, GSB

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